2008年3月5日水曜日

Plainte contre la Chine pour entraves à l'activité des agences financières

Plainte contre la Chine pour entraves à l'activité des agences financières
LE MONDE | 04.03.08 | 15h13 • Mis à jour le 04.03.08 | 15h13
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

AFP
Siège de l'Organisation mondiale du commerce, à Genève (Suisse).


L'Union européenne et les Etats-Unis ont déposé plainte, lundi 3 mars, auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les entraves à l'activité des agences d'information financière en Chine. Pékin "empêche les fournisseurs étrangers d'informations financières d'offrir leurs services directement à leurs clients", ont expliqué les services de Peter Mandelson, le commissaire européen en charge du commerce : Reuters, Bloomberg et Dow Jones "sont désormais tenus de passer par un agent qui est en fait une branche de Chine nouvelle", l'agence officielle.

Les Européens espèrent encore régler ce contentieux à l'amiable pendant la phase de consultation qui s'ouvre au sein de l'OMC dans les 60 prochains jours. Pour eux, les règles en vigueur en Chine constituent un "grave obstacle" aux activités des fournisseurs d'informations financières, alors que le pays est tenu d'accorder aux prestataires de services étrangers un traitement non moins favorable qu'aux entreprises nationales. Bruxelles considère de surcroît que le régime actuel "empêche le bon fonctionnement et la transparence des marchés financiers chinois".

Soucieux de contrôler l'information sur son territoire à la veille des Jeux olympiques, Pékin est au contraire d'avis que l'engagement d'ouverture de ses marchés financiers, tel que négocié lors de son adhésion à l'OMC en 2001, ne vaut pas pour les "agences de presse" spécialisées. C'est la deuxième fois que l'Union européenne attaque la Chine à Genève. Le premier contentieux, ouvert avec les Etats-Unis et le Canada, concerne les droits de douane prélevés sur l'importation de pièces automobiles : une condamnation préliminaire de la Chine a été prononcée par un panel d'arbitrage de l'OMC, mercredi 13 février, mais une décision définitive n'est pas attendue avant plusieurs mois.

Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 05.03.08.

 

L'inflation chinoise devient une menace

L'inflation chinoise devient une menace
LE MONDE | 03.03.08 | 14h53 • Mis à jour le 03.03.08 | 14h53


L'annonce par la province chinoise du Guangdong d'une hausse de 13 % du salaire minimum est un signe inquiétant. La banque américaine Citigroup estime pour sa part qu'il augmentera globalement de 21 % en moyenne en Chine en 2008.

Une telle progression va certainement affecter le niveau de l'inflation dans le monde. Ce mouvement de hausse du salaire minimum est la conséquence des pressions qui s'exercent sur l'ensemble de l'échelle des rémunérations en Chine. Pendant des décennies, la production de produits manufacturés à bas prix dans ce pays a été un élément clé de désinflation dans le monde. L'actuelle envolée des coûts pousse les prix planétaires dans l'autre direction.

En gros, l'augmentation, en dollar, des produits chinois devrait correspondre à la hausse des salaires moins les gains de productivité, augmentée des accroissements de coûts autres que ceux du travail (énergie, immobilier, capital...) et de la progression du yuan face au dollar. Or, même en Chine, il est peu probable que la productivité du travail dans les usines augmente de plus de 10 % par an. Donc, si les salaires progressent de 21 %, le coût du travail augmentera de 11 %. En faisant une moyenne avec la hausse des coûts non salariaux (+ 7 % aujourd'hui en Chine), cela donne une hausse des prix de 9 % qui correspond à 18 % d'inflation en dollar si on considère que le yuan va s'apprécier, cette année comme en 2007, de 9 % face au billet vert.

Dans le passé, la hausse des prix pouvait être réduite en transférant la production à l'intérieur du territoire chinois, c'est-à-dire dans les zones rurales. Mais, dans ces régions désormais, le salaire minimum connaît des hausses atteignant parfois les 50 %, même au Tibet. Pour les fabricants, il n'y a plus d'eldorado salarial en Chine. Transférer la production au Vietnam n'est pas non plus une solution : l'inflation y était de 15,7 % en rythme annuel en février et la monnaie locale, le dong, s'apprécie aussi contre la devise américaine.

Comme la Chine représente 16 % des importations américaines, une augmentation de 18 % en dollar des produits chinois va ajouter 2,9 % d'inflation aux biens importés - une hausse des prix qui, pour l'essentiel, exclut l'énergie et l'alimentation. D'ailleurs, les prix à l'importation aux Etats-Unis étaient déjà en hausse de 13,7 % en janvier par rapport au même mois de 2007.

Pour plus d'onformation, connectez-vous sur breakingviews.com

Martin Hutchinson
Article paru dans l'édition du 04.03.08.

 

Lorsque les Chinois votent contre trop de Chinois

Lorsque les Chinois votent contre trop de Chinois
LE MONDE | 03.03.08 | 17h19 • Mis à jour le 03.03.08 | 17h19



AFP/TEH ENG KOON
Lors de la dernière Coupe du monde féminine de tennis de table, 14 concurrentes sur 16 étaient d'origine asiatique.


Du strict point de vue du jeu, c'est un régal. Les meilleurs joueurs s'affrontent, pour la plus grande beauté du geste. Mais question universalité, le bel idéal sportif en prend un coup.

Depuis quelques années, les compétitions de tennis de table, de plus en plus, se transforment en affrontements sino-chinois. Avec, d'un côté, les titulaires d'un passeport délivré par les autorités de Pékin, et de l'autre les compétiteurs naturalisés, souvent à la hâte, par des pays soucieux de s'attacher des talents introuvables dans leurs frontières. Lors de la dernière Coupe du monde féminine, 14 concurrentes sur 16 étaient d'origine asiatique.

Trop c'est trop, ont donc tonné les autorités pongistes. La Fédération internationale de tennis de table (ITTF) a voté, vendredi 29 février, un nouveau règlement, pour les championnats du monde et les Coupes du monde. Tous les joueurs naturalisés avant l'âge de 15 ans doivent attendre trois ans avant de pouvoir porter leurs nouvelles couleurs, un temps de latence porté à cinq ans pour ceux naturalisés entre 15 et 18 ans, et à sept ans pour ceux naturalisés entre 18 et 21 ans. A un âge plus avancé, un "transfert" n'est tout simplement plus possible.

"C'était devenu très mauvais pour l'image du tennis de table", affirme la Française Claude Bergeret, ancienne championne et aujourd'hui vice-présidente de l'ITTF. La motion a été votée par 45 voix contre 2 au sein du comité directeur de la fédération. Elle a même obtenu la voix du représentant chinois. "Ils devaient affronter certains de leurs anciens joueurs, qui sont une vraie concurrence pour leur équipe", explique Claude Bergeret. "Ils sont intelligents et cette affaire montre leur capacité à autoréguler leurs propres excès. Ils ont compris que ça allait tuer un business qu'ils dominent, car le grand public international ne veut pas voir que des Chinois", complète un observateur.

Reste l'épineux problème juridique. Ce genre de règlement est souvent battu en brèche devant les tribunaux. "Il s'agit d'une discrimination, affirme l'avocat Serge Pautot, spécialiste du droit du sport. Cela peut-être considéré, pour un naturalisé, comme une restriction au droit de travailler." L'analyse est contestée par Claude Bergeret : "Ce règlement ne concerne que les championnats et les Coupes du monde, qui sont des épreuves de statut amateur, sans primes." Même si elles amènent de la notoriété et donc des revenus de sponsoring...

Pierre Jaxel-Truer
Article paru dans l'édition du 04.03.08.

 

La Chine annonce une forte augmentation de ses dépenses militaires

La Chine annonce une forte augmentation de ses dépenses militaires
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.03.08 | 09h50 • Mis à jour le 04.03.08 | 10h59


REUTERS/JASON LEE
Le musée militaire de Pékin.


Dans le cadre de son programme de modernisation des forces armées, la Chine prévoit d'accroître son budget militaire de 17,6 % en 2008. Le nouveau budget des forces chinoises atteindra 417,769 milliards de yuans, soit 38,7 milliards d'euros, a indiqué, mardi 4 mars, le porte-parole de l'Assemblée nationale populaire, Jiang Enzhu, à la veille de l'ouverture de la réunion annuelle du Parlement. Selon le responsable chinois, la hausse budgétaire est majoritairement destinée à augmenter la solde des militaires et à améliorer l'entraînement des officiers, ainsi qu'à remettre à niveau les équipements.

Depuis plus d'une décennie, les dépenses dans le domaine de la défense connaissent une croissance à deux chiffres, souvent présentée comme un rattrapage par rapport aux années 1970 et 1980. En 2007, la hausse a été de 17,8 %, la plus élevée en dix ans. Le porte-parole chinois a toutefois souligné que l'augmentation de ce budget est à mettre en rapport avec la croissance économique. "La construction de l'armée chinoise est en adéquation avec le développement de l'économie et de la société", a-t-il déclaré, précisant également que les dépenses militaires augmentent aussi moins vite que les recettes publiques.

SCEPTICISME DES ÉTATS-UNIS

La Chine estime enfin que, dans ce domaine, son budget reste "inférieur à celui d'autres pays, en particulier certaines grandes puissances". De fait, en février, le président américain George W. Bush a proposé pour l'exercice 2009 un budget militaire de 606,4 milliards de dollars, soit 400 milliards d'euros, une hausse de 7,5 % par rapport à celui approuvé par le Congrès pour 2008.

Les estimations officielles des dépenses militaires chinoises ont été accueillies avec scepticisme à l'étranger, notamment aux Etats-Unis. Dans son dernier rapport, le Pentagone s'interroge ainsi sur "les risques pour la stabilité" découlant du "manque de transparence" de la Chine. Le gouvernement américain estime que l'expansion militaire chinoise prépare une éventuelle crise avec Taïwan, et n'écarte pas non plus la possibilité que "Pékin développe des capacités pour d'autres circonstances comme des conflits sur des ressources ou des territoires disputés".

Dans un communiqué officiel, le Japon voisin a également réagi en appelant la Chine à répondre aux inquiétudes de la communauté internationale. "Le ministère [de la défense] continuera à œuvrer pour que la Chine renforce la transparence sur la force de son armée", font savoir les responsables japonais.

 

La Chine célèbre les 80 ans de son armée

La Chine célèbre les 80 ans de son armée
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 01.08.07 | 11h20 • Mis à jour le 04.03.08 | 08h53


REUTERS/JOE CHAN
Les cérémonies ont rassemblé les différentes unités de l'armée chinoise : marine, armée de terre et armée de l'air.


REUTERS/STRINGER SHANGHAI
Des festivités ont eu lieu dans tout le pays. Ici, à Taiyuan, dans le nord de la Chine.


REUTERS/JASON LEE
Le Palais du peuple, à Pékin, a accueilli des milliers de militaires, venus écouter le président Hu Jintao.


L'Armée populaire de libération a 80 ans. La Chine a célébré en grande pompe, mercredi 1er août, le quatre-vingtième anniversaire de la création de son armée. Cette commémoration a été l'occasion, pour le pouvoir, de promettre un accroissement des ressources dévolues aux militaires.

"Avec la croissance économique, nous allons graduellement accroître la contribution aux forces armées, pour continuer à les moderniser, dans l'intérêt de la sécurité nationale et du développement", a lancé le président Hu Jintao devant les centaines d'invités réunis au Palais du peuple. Mais la Chine privilégiera la qualité, et la modernisation technologique, plutôt que la quantité de ses forces qu'elle souhaite "minces et fortes", a ajouté le chef de l'Etat.

"FAIRE OBSTACLE À L'INDÉPENDANCE DE TAÏWAN"

A l'étranger, notamment aux Etats-Unis, la puissance militaire du géant asiatique, qui possède numériquement la première armée au monde, forte de 2,3 millions de membres, est un sujet d'inquiétude. En juin, un responsable américain, Richard Lawless, sous-secrétaire adjoint à la défense chargé de l'Asie-Pacifique, a ainsi accusé les dirigeants chinois de "dissimuler délibérément la nature des capacités militaires chinoises".
Les cérémonies d'anniversaire ont aussi été l'occasion de rappeler l'une des principales missions de l'armée chinoise : dissuader Taïwan de proclamer son indépendance. Cao Gangchuan, ministre de la défense, a souhaité, mercredi, qu'elle contribue "au développement pacifique des liens entre les deux rives du détroit, comme le souhaitent nos compatriotes de part et d'autre". "Nous avons la détermination et la capacité de faire obstacle à l'indépendance de Taïwan et aux graves incidents que l'indépendance de Taïwan pourrait susciter", a-t-il toutefois ajouté.

L'anniversaire de l'Armée populaire de libération a été très médiatisé depuis plusieurs semaines, donnant lieu à de nombreux documentaires et à l'édition des premiers ouvrages des quarante volumes de biographies qui seront consacrées ces deux prochaines années à 375 militaires haut gradés.

 

Pour les Etats-Unis, la Chine relance la course aux armements dans l'espace

Pour les Etats-Unis, la Chine relance la course aux armements dans l'espace
LEMONDE.FR | 19.01.07 | 09h38 • Mis à jour le 04.03.08 | 08h53

La Chine a affirmé vendredi 19 janvier que son programme spatial ne représentait pas une "menace" pour les autres pays, refusant cependant de dire si elle avait procédé à son premier essai d'une arme capable de neutraliser les satellites."C'est la première vraie escalade depuis vingt ans dans la course aux armements dans l'espace", indique au New York Times Jonathan McDowell, un astronome de Harvard, "c'est la fin d'une longue période de restriction" pendant laquelle les puissances se sont abstenues de militariser l'espace.

Pour Gary Samore, le directeur des études du Council on Foreign Relations, l'essai chinois de tester une arme destinée à détruire des satellites a un objectif clair, en "matière de dissuasion et pour faire pression sur les Etats-Unis, afin qu'ils signent un accord de démilitarisation de l'espace".

En 1998, un rapport au Congrès consacré aux ambitions militaire et à la stratégie de la la Chine populaire Future Military Capabilities and Strategy of the People's Republic of China indiquait que la Chine avait déjà "la capacité, sous certaines conditions, d'endommager les capteurs des satellites qui sont vulnérables aux lasers. Considérant l'intérêt de la Chine pour les lasers, il serait raisonnable d'imaginer que Pékin va développer une arme qui pourrait détruire les satellites dans le futur".

INQUIÉTUDE

En août 2006, des informations ont filtré concernant l'aveuglement, par la Chine, avec des lasers haute puissance, de satellites de reconnaissance survolant son territoire. Le directeur du National Reconnaissance Office, chargé des vols de reconnaissance, Donald M. Kerr, a déclaré qu'un satellite américain avait été "peint", c'est-à-dire aveuglé, par un laser basé au sol en Chine. "Les Etats-Unis croient que le développement et les tests, par la Chine, est contraire à l'esprit de coopération auquel nos deux pays aspirent dans l'espace", a déclaré Gordon Johndro, le porte-parole de conseil national de sécurité. "Nous avons, avec d'autres pays, exprimé notre inquiétude concernant cette action."

"UN NUAGE DE DÉBRIS EN ORBITE"

David C. Wright, un membre d'un goupe de scientifiques, Union of Concerned Scientists, indique que le satellite est volatilisé en 800 gros fragments et plusieurs millions de petits débris. Michael Krepon, le cofondateur de l'Henry L. Stimson Center, qui étudie les questions de défense, indique que le test n'est pas très subtil. "Ils ont créé un nuage de débris qui va rester en orbite pendant peut-être plus d'un quart de siècle ".

 

2008年3月3日月曜日

Les Bourses d'Asie chutent

Les Bourses d'Asie chutent
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 03.03.08 | 08h55 • Mis à jour le 03.03.08 | 08h55



AFP/KAZUHIRO NOGI
Le pessimisme des investisseurs a été attisé par la vigoureuse remontée du yen face au dollar, qui pénalise les exportateurs japonais.



La plupart des Bourses d'Asie ont connu une journée agitée, lundi 3 mars, gagnées par le regain d'anxiété concernant l'économie américaine qui avait déjà fait fortement chuter Wall Street vendredi (Dow Jones - 2,51 %, Nasdaq - 2,58 %). A Tokyo, l'indice Nikkei des valeurs vedettes a clôturé sur un plongeon de 4,49 %.

Le pessimisme des investisseurs a été attisé par la vigoureuse remontée du yen face au dollar, qui pénalise les exportateurs japonais. Le billet vert a atteint son plus bas niveau en plus de trois ans, à 102,71 yens.

"LA FIN DES BEAUX JOURS"

"Le yen s'est envolé en raison de nouvelles craintes d'une aggravation de la situation économique aux Etats-Unis", explique Kazuhiro Takahashi, chef du service des actions chez Daiwa Securities SMBC. "Les nouvelles positives concernant l'économie américaine, qui avaient apporté une certaine stabilité récemment, ont toutes fait long feu maintenant", ajoute-t-il.

La séance a été mouvementée un peu partout en Asie, et notamment à Hongkong, où l'indice Hang Seng a perdu 3,5 % dès l'ouverture. "C'est la fin des beaux jours à Hongkong", a estimé Andrew Clarke, analyste chez SG Securities, selon qui le territoire "pourrait aussi être happé par la stagflation [croissance en berne associée à un chômage élevé] à cause d'une série de baisses des taux d'intérêt et du ralentissement de l'économie".