2007年10月3日水曜日

Pékin admet le risque écologique présenté par le barrage des Trois-Gorges

Pékin admet le risque écologique présenté par le barrage des Trois-Gorges
LE MONDE | 02.10.07 | 14h51 • Mis à jour le 02.10.07 | 14h51
PÉKIN CORRESPONDANT


REUTERS/STRINGER SHANGHAI
Barrage des Trois-Gorges le 26 juillet.


Le barrage des Trois-Gorges, la pharaonique réalisation hydroélectrique sur le fleuve Yangzi, pourrait provoquer une catastrophe écologique si rien n'est bientôt fait pour la prévenir : cette affirmation n'émane pas de responsables étrangers d'organisations de défense de l'environnement mais d'experts chinois cités par la presse officielle. Une telle mise en garde indique un net changement d'attitude de l'actuelle direction du Parti communiste, qui prétend aujourd'hui se soucier des conséquences sur l'écologie de la croissance économique effrénée de la République populaire.

Le directeur du projet des Trois-Gorges auprès du Conseil d'Etat (gouvernement), Wang Xiaofeng, a dressé, la semaine dernière, la liste des menaces que fait peser ce projet d'un coût d'une vingtaine de milliards d'euros sur l'écosystème des régions qu'il traverse : érosion des sols, glissements de terrain, raréfaction et pollution de l'eau - cette dernière étant notamment provoquée par la sédimentation -, réduction de la surface des terres arables. A cela s'ajoutent les conflits sociaux provoqués par ces évolutions.

M. Wang, qui a fait ces remarques durant un séminaire consacré à cette question dans la ville de Wuhan, dans la province du Hebei, non loin du barrage, n'a pas mentionné un autre coût, plus directement humain celui-là, et que les autorités ont toujours passé sous silence : le déplacement forcé de 1,4 million de personnes vivant sur les berges du fleuve Bleu ainsi que la disparition sous les eaux de 116 villages et de certains chefs-d'oeuvre millénaires...

Mais le constat de ce responsable a été aussi précis que nouveau par rapport à l'habituel discours lénifiant de la propagande. "Nous ne pouvons pas nous permettre de baisser la garde devant les questions de sécurité écologique et de l'environnement", a-t-il prévenu avant d'ajouter : "Nous ne pouvons sacrifier notre environnement contre des perspectives de prospérité à court terme."

Un jugement qui se fait certes l'écho du discours officiel d'aujourd'hui mais tranche avec celui des prédécesseurs de l'actuelle direction. Alors que les communistes chinois préparent leur 17 e Congrès qui devrait s'ouvrir le 15 octobre, cette déclaration n'est pas innocente : l'ancien président Jiang Zemin, chantre de la croissance à tous crins, avait qualifié le projet en 1997 d'étape "remarquable dans l'histoire de l'humanité" qui permettra de mieux "exploiter les ressources naturelles". Aujourd'hui, le président Hu Jintao, son successeur et adversaire, ne cesse d'exalter "l'harmonie sociale" afin d'humaniser une croissance qui devrait suivre un modèle plus mesuré et mieux adapté de "développement scientifique".

A Chongqing, la gigantesque municipalité située en amont du barrage, l'écologiste Wu Dengming, longtemps harcelé par les autorités pour avoir critiqué le projet, se félicite du discours de Wang Xiaofeng : "Bravo !, politiquement, c'est un pas en avant courageux dans la bonne direction." "Désormais, a ajouté avec une certaine perfidie le président de la Ligue des Verts de Chongqing, je vais pouvoir citer les hauts responsables de Pékin quand je m'entretiendrai avec les autorités locales..."

Cette prise de conscience neuve de la part d'autorités plus soucieuses de prévenir une catastrophe écologique ne résout cependant pas la contradiction dans laquelle risque, pour longtemps, de s'enliser la Chine : un barrage comme celui des Trois-Gorges incarne le phénoménal boom économique du pays, répond à ses énormes besoins en électricité, aide à réguler les cycles d'inondations et de sécheresse dans la région du fleuve Bleu.

Mais Pékin a beau s'efforcer d'anticiper les problèmes liés à une telle prouesse technologique, il n'est pas évident, même pour un régime autoritaire, d'être entendu par les autorités locales, dont la psychologie du développement à tout prix n'a pas, ou peu, évolué.

Bruno Philip
Article paru dans l'édition du 03.10.07.

 

2007年10月2日火曜日

Schneider est condamné en Chine pour contrefaçon

Schneider est condamné en Chine pour contrefaçon
LE MONDE | 01.10.07 | 14h26 • Mis à jour le 01.10.07 | 14h26

près le différend entre Danone et son partenaire chinois Wahaha (Le Monde du 5 juillet), un nouvel épisode risque de tendre encore plus les relations entre la Chine et ses partenaires étrangers.

Schneider Electric, le groupe français d'équipement électrique, vient d'être condamné en première instance, dimanche 30 septembre, à payer 330 millions de yuans (31 millions d'euros) à la firme chinoise Chint pour violation de la propriété intellectuelle. Schneider Electric détient 75 % de cette coentreprise établie, en 2000, avec deux partenaires locaux.


Selon le quotidien Beijing News, il s'agirait de la plus grosse peine infligée par la justice chinoise dans une affaire de propriété intellectuelle. Certes élevée, cette amende n'a été prononcée, à ce jour, que par une instance locale de justice.

La cour populaire intermédiaire de Wenzhou, sur la côte est de la Chine, a ordonné à l'entreprise française de cesser la production, dans son usine de Tianjin, de cinq modèles de produits de basse tension dont la technologie serait détenue par le groupe Chint. Or l'ensemble des brevets en litige doit tomber dans le domaine public en novembre 2007.

La justice chinoise a donné dix jours à Schneider pour dédommager la société Chint. Une entreprise chinoise qui, par ailleurs, a perdu tous ces procès, en Europe, pour contrefaçon.

Depuis le début de la procédure en 2006, Schneider Electric affirme avoir déposé, en France, les différents brevets liés au disjoncteur miniature C65 dont le groupe Clint se dit être le dépositaire légal... en Chine.

L'entreprise française a indiqué, tout en regrettant cette décision, qu'elle allait faire un appel suspensif du jugement. Schneider Electric, un des premiers acteurs étrangers du secteur, est présent en Chine depuis 1987 et y réalise 6 % de son chiffre d'affaires mondial, qui a atteint 13,7 milliards d'euros en 2006.

Dominique Buffier
Article paru dans l'édition du 02.10.07.

 

2007年9月30日日曜日

Pékin lance un fonds d'investissement public doté de 140 milliards d'euros

Pékin lance un fonds d'investissement public doté de 140 milliards d'euros
LEMONDE.FR avec AFP | 29.09.07 | 10h57 • Mis à jour le 29.09.07 | 10h57

La Chine a fêté en grande pompe, samedi 29 septembre, la naissance de la China Investment Co (CIC). Annoncé depuis le début de l'année, le fonds souverain chinois chargé de faire fructifier une partie des vastes réserves de change du géant asiatique – les premières au monde – est officiellement entré en fonction.

Ce fonds d'investissement d'Etat a été doté de 200 milliards de dollars (140 milliards d'euros), le septième des réserves de change chinoises. Il devra notamment diversifier les investissements chinois. Aujourd'hui les réserves de change du pays (1 332,6 milliards de dollars fin juin) sont majoritairement composées d'actifs en dollars – 70 % selon des estimations – dont une partie de bons du Trésor américain.

Sa dotation de 200 milliards de dollars ne le propulse pas à la tête des fonds similaires existant dans le monde, encore dominés par les Etats exportateurs de pétrole, mais il devrait cependant se placer dans les quatre ou cinq premiers rangs. Avant même d'être formellement créée, la CIC a déjà procédé à un premier investissement, dans le fonds d'investissement américain Blackstone, acquérant une participation minoritaire (moins de 10 %) pour trois milliards de dollars (plus de deux milliards d'euros).

 

2007年9月28日金曜日

China Construction Bank devient la deuxième banque mondiale par la capitalisation

China Construction Bank devient la deuxième banque mondiale par la capitalisation
LEMONDE.FR avec AFP | 25.09.07 | 16h06 • Mis à jour le 25.09.07 | 16h38

AFP/MARK RALSTON
Le président de China Construction Bank (CCB) lance la cotation de la deuxième banque chinoise à Shanghaï, mardi 25 septembre 2007.


La banque chinoise China Construction Bank (CCB) a vu son cours s'envoler, mardi 25 septembre, pour son premier jour de cotation à la Bourse de Shanghaï, après avoir levé 57,12 milliards de yuans (5,4 milliards d'euros), lors de la plus importante introduction en Bourse de Chine continentale.

L'action de la CCB, la deuxième banque chinoise en termes d'actifs, a terminé à 8,53 yuans (0,81 euro), 2,08 yuans au-dessus de son prix initial de vente, soit une hausse de 32,25 % en une séance. A ce cours, la capitalisation boursière totale du groupe atteint 1 998 milliards de yuans (189 milliards d'euros), ce qui fait de la CCB la deuxième banque mondiale par la capitalisation boursière après une autre chinoise, Industrial and Commercial Bank of China.

CONSOLIDER SHANGHAÏ

L'introduction en Bourse du groupe bancaire est la dernière en date d'une série d'offres publiques de vente autorisées par le gouvernement chinois, afin de consolider la place boursière de Chine continentale, en forte hausse depuis un an, avec la présence de groupes à la rentabilité affirmée.

La prochaine introduction en vue est celle du producteur de charbon Shenhua Energy, qui a annoncé lundi qu'il espérait battre à son tour le record de la plus importante introduction en Bourse, misant sur une levée de 8,9 milliards de dollars (6,31 milliards d'euros).

 

Nouveau rappel américain de jouets fabriqués en Chine

Nouveau rappel américain de jouets fabriqués en Chine
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 27.09.07 | 11h41 • Mis à jour le 27.09.07 | 12h40

Les magasins américains Target rappellent trois cent cinquante mille outils de jardinage et chaises pour enfants fabriqués en Chine, en raison de la teneur excessive en plomb de leur peinture, a fait savoir, mercredi 26 septembre, la Commission américaine de sécurité des produits de consommation (CPSC), précisant qu'aucune victime n'avait été signalée.

La Chine a affirmé jeudi prendre au sérieux ce dernier rappel, tout en relativisant la gravité de la situation. "Notre attitude reste la même face à tout problème de qualité", a affirmé un porte-parole du ministère du commerce, Wang Xinpei, lors d'un point presse. "Nous ferons tous les efforts pour résoudre les problèmes sérieusement et de manière responsable selon les faits, même s'il n'y a eu qu'un problème sur un millier de produits", a-t-il ajouté.

Début septembre, sous pression américaine, la Chine avait décidé de supprimer la peinture au plomb dans les jouets exportés aux Etats-Unis, où cette peinture est interdite dans la fabrication de jouets depuis 1978 pour des raisons de santé publique.

RAPPELS MASSIFS

La semaine dernière, les autorités américaines ont annoncé le rappel d'un million de berceaux de fabrication chinoise, à l'origine de la mort d'au moins deux nourrissons. En août et début septembre, le géant américain du jouet Mattel avait procédé à trois rappels massifs de jouets fabriqués en Chine, pour plus de 20 millions de pièces au total. Cependant, seuls 13 % des jouets rappelés par Mattel l'étaient pour des motifs attribuables aux industriels locaux (utilisation d'une peinture toxique au plomb), et 87 % par un défaut de conception. Quelques jours plus tard, l'un des hauts dirigeants de Mattel, en visite à Pékin, l'avait reconnu et présenté ses excuses aux fabricants chinois.

A la suite de cette affaire, des entreprises comme Disney avaient alors annoncé des mesures de vérification renforcées et de nombreux élus avaient réclamé davantage de contrôle gouvernemental. "Le 'Made in China' est devenu un label signifiant la suspicion", avait lancé le sénateur républicain Sam Brownback, lors d'une audition des patrons de Mattel et Toys 'R' Us devant le Sénat américain. A l'international, la Commission européenne avait annoncé qu'elle poursuivrait son examen approfondi des contrôles sur les jouets chinois, et le Brésil avait décidé de suspendre l'importation de jouets Mattel.

Selon l'Association américaine du jouet (Toy Industry Association), environ 80 % des jouets vendus aux Etats-Unis sont fabriqués en Chine, soit 2,4 milliards sur les 3 milliards de jouets et accessoires vendus chaque année dans le pays, a indiqué à l'AFP sa porte-parole, Julie Livingstone.

Outre les jouets, nombre de produits d'origine chinoise ont fait l'objets de rappel aux Etats-Unis: des dentifrices soupçonnés de contenir un produit antigel, des poissons d'élevage et des crevettes contenant des substances illégales, ainsi que de la nourriture animale contaminée, des pneus...

 

2007年9月23日日曜日

L'ordination d'un nouvel évêque à Pékin marque un dégel des relations avec le Vatican

L'ordination d'un nouvel évêque à Pékin marque un dégel des relations avec le Vatican
LE MONDE | 22.09.07 | 15h38 • Mis à jour le 22.09.07 | 15h38
PÉKIN CORRESPONDANT

L'ordination, vendredi 21 septembre, du nouvel évêque de Pékin, Mgr Joseph Li Shan, 42 ans, est sans doute le signe d'un réchauffement des relations entre la Chine et le Vatican. Membre de l'Association des catholiques patriotiques de Chine - l'Eglise "officielle" -, Joseph Li Shan avait été élu le 16 juillet par un collège de prêtres, religieux et laïcs du diocèse, pour succéder à Mgr Michael Fu Tieshan, décédé en avril.

Cette élection n'est pas conforme au mode de désignation des évêques qui est le seul privilège du pape. Mais l'Osservatore Romano, organe officiel du Saint-Siège, a déclaré, vendredi, que Benoît XVI avait " concédé la communion" à ce nouvel évêque de Pékin, considéré comme un homme de foi et un vrai pasteur, ainsi qu'à Mgr Xiao Zejiang, ordonné évêque coadjuteur de Guiyang le 8 septembre.

C'est un geste de "bonne volonté", dit-on à Rome, vis-à-vis du fonctionnement de la partie officielle de l'Eglise chinoise qui compterait, au total, 12 millions de fidèles, clandestins et officiels. Cette double approbation par le pape d'un évêque dans la capitale et à Guiyang démontre le souci de Rome de poursuivre un processus menant au rétablissement des relations diplomatiques interrompues depuis 1951.

En 2006, trois évêques avaient été nommés autoritairement par le régime, sans consultation de Rome. Le pape avait réagi à cette " provocation". La lettre envoyée en juin 2007 à tous les catholiques chinois par Benoît XVI, dans laquelle il appelle de ses voeux la libre nomination des évêques et la réunification des deux Eglises avait été accueillie avec réserves par les autorités de Pékin.

Le Vatican laisse régulièrement entendre qu'il est prêt à rompre ses relations diplomatiques avec Taïwan afin de reconnaître la République populaire. Mais l'un des points d'achoppement reste cette épineuse question de la nomination des évêques, dont le Saint-Siège veut faire son domaine réservé. Pékin ne peut se résoudre à cette issue et met en avant le concept de "non-interférence" dans ses affaires intérieures. Le régime veut continuer à contrôler le choix de ses cadres catholiques.

Une nouvelle génération se lève d'évêques "officiels" nommés par Pékin, avec la fiction d'une élection par la base, mais ayant reçu a posteriori l'approbation du pape. Les élus cherchent même à recueillir la bénédiction du pape avant leur ordination, mais ils le font discrètement de peur de provoquer l'Eglise officielle. Le pouvoir sait que le rétablissement de liens diplomatiques avec le Vatican contribuerait à rehausser le prestige de la Chine à l'étranger, mais les responsables de l'Association patriotique redoutent qu'une telle perspective ne les dépouille de leurs prérogatives.

Bruno Philip
Article paru dans l'édition du 23.09.07.

 

La justice internationale oubliée des négociations sur le Darfour

La justice internationale oubliée des négociations sur le Darfour
LE MONDE | 22.09.07 | 15h24 • Mis à jour le 22.09.07 | 15h24
NEW YORK (Nations unies) CORRESPONDANT


"Dommage", murmure Luis Moreno Ocampo, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI). Plusieurs des ministres des 26 pays qui ont assisté à une réunion sur le Darfour, vendredi 21 septembre à l'ONU, ont menacé les rebelles soudanais de sanctions s'ils boycottaient les négociations de paix fin octobre en Libye. Mais aucun n'a publiquement appelé à l'arrestation d'Ahmed Haroun, secrétaire d'Etat soudanais aux affaires humanitaires, et d'Ali Kushayb, un chef janjawid (les miliciens du Darfour soutenus par Khartoum), tous deux sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité.

"Je crains que le silence de la plupart des Etats et des organisations internationales sur le sujet ait été compris par Khartoum comme un affaiblissement de la détermination internationale en faveur du droit et des arrestations", a déploré Luis Moreno Ocampo.

VIOLENCES AUTOUR DES CAMPS

Soucieuses de mener à bien le déploiement au Darfour d'une force militaire de 27 000 hommes, l'ONU et l'Union africaine évitent de s'opposer publiquement au Soudan sur la question des inculpations, qui ne faisait même pas partie du programme de la rencontre ministérielle de vendredi.

Mais "avec Ahmed Haroun en charge des camps, il n'y a pas de solution possible", s'exclame M. Moreno Ocampo. "Comment organiser une mission humanitaire ? C'est comme traiter avec Goebbels pour démanteler les camps de concentration", dit-il. Signe qu'il se croit à l'abri de toute sanction, le gouvernement soudanais a nommé M. Haroun coprésident d'un comité chargé d'enquêter sur les violations des droits de l'homme.

"J'ai eu tort, mais nous n'en avons pas parlé", a reconnu le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, au terme du sommet onusien. "On ne peut pas, sous prétexte que nous avons besoin de mettre en oeuvre cette force, oublier que nous avons une justice internationale", a-t-il admis après une rencontre avec M. Moreno Ocampo.

Tandis que la communauté internationale tente de consolider un processus de paix fragile, la violence a repris autour des camps. "Cela ressemble à un chaos, mais ce n'en est pas un. J'ai des raisons de croire que c'est une opération dans laquelle Ahmed Haroun joue un rôle clé", a déclaré le procureur de la CPI.

Philippe Bolopion
Article paru dans l'édition du 23.09.07.