2008年1月23日水曜日

Emotion après la mort du "citoyen reporter" chinois Wei

Emotion après la mort du "citoyen reporter" chinois Wei
LE MONDE | 22.01.08 | 14h01 • Mis à jour le 22.01.08 | 14h01
SHANGHAÏ CORRESPONDANT


AP
Portrait non daté du "citoyen reporter" Wei Wenhua, battu à mort le 7 janvier 2008.


L'agression de Wei Wenhua, battu à mort, le 7 janvier, pour avoir filmé l'intervention d'agents de sécurité contre les habitants d'un village de la province du Hubei, a ému l'opinion publique chinoise. Les nombreux débats qui ont eu lieu dans les médias ont conduit les autorités à procéder à de nombreuses arrestations parmi les auteurs supposés du meurtre et leurs supérieurs.

Des manifestations de soutien ont ainsi été organisées à Tianmen, la ville la plus proche du village. Un internaute a tracé un parallèle avec le tabassage de Rodney King par des policiers, à Los Angeles en 1992, qui avait déclenché de graves violences urbaines. La vingtaine d'agents accusés d'avoir passé à tabac M. Wei risquent de lourdes condamnations.

Deux semaines après l'événement, des responsables locaux des chengguan (agents de sécurité urbains), à travers le pays, ont publié une déclaration commune déplorant l'existence dans leurs rangs de "faucons et de colombes", les premiers étant dotés "d'un équipement spécialisé" et se comportant de "manière grossière et brutale", alors que les seconds privilégient la "civilité et la pédagogie" dans leur action.

Créés en 1997 par les municipalités comme force d'appoint pour surveiller le matériel public, et gérer la population flottante des petits vendeurs, mendiants et autres colporteurs, les chengguan ne font pas partie de la police et sont censés se rémunérer, en grande partie, sur les amendes et taxes qu'ils imposent aux contrevenants. Dépourvus de formation, sans réel mandat, ils sont à l'origine de nombreux dérapages, qui ont plusieurs fois donné lieu à des manifestations.

M. Wei, directeur d'une société de construction, décrit comme un "citoyen reporter", avait filmé l'action de ces forces supplétives qui intervenaient contre le blocage par les villageois d'un dépôt d'ordures. La violence à son égard a choqué. "Cinq minutes d'obscurité. A qui le tour, la prochaine fois ?", s'est interrogé un éditorialiste du Nanfang Dushi Bao.

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 23.01.08.

 

La censure sur Internet : Etats contre cyberdissidents

La censure sur Internet : Etats contre cyberdissidents
LE MONDE | 28.08.07 | 14h15 • Mis à jour le 22.01.08 | 15h55

En une dizaine d'années, Internet s'est imposé comme un outil essentiel de la vie démocratique. En Occident, le cyberespace a révolutionné les campagnes électorales et fait émerger un "journalisme citoyen". Dans les jeunes démocraties et les régimes autoritaires, il a fourni une arme redoutable aux défenseurs de la liberté d'expression et aux militants démocratiques : l'arme de la communication invisible. Inévitablement, ces régimes ont cherché la parade. Et l'ont trouvée - avec l'aide des grandes entreprises de la high-tech occidentale. Arsenal répressif ou technologique, certains pays mettent tout en oeuvre pour tenter de contrôler Internet, pour empêcher la circulation d'idées, d'informations et de mots d'ordre indépendants. Y parviennent-ils ? Pas tout à fait et pas partout. Comme toujours, il est plus facile de contrôler un petit pays qu'un grand, mais, comme le constatent à leurs dépens les dirigeants chinois, la vague Internet n'est pas si facile à endiguer. Et les surfeurs sont parfois, eux aussi, très forts en technologie.

CHINE
40 000 policiers du Net contre 162 millions d'internautes

La "grande muraille virtuelle" érigée par le gouvernement chinois contraint les internautes à des stratégies de contournement et à des jeux de cache-cache. Blogs fermés, sites bloqués, messages effacés requièrent une certaine ingéniosité. Franchir la ligne rouge peut coûter cher : l'ONG Reporters sans frontières estime que 52 cyberdissidents sont derrière les barreaux en Chine, souvent accusés d'avoir révélé des secrets d'Etat, un délit fourre-tout qui permet tous les abus de pouvoir.

L'autocensure est systématique : les portails (Sina, Sohu) ou les hébergeurs de blogs (Tianya) reçoivent, comme tous les médias, des circulaires avec les sujets à ne pas aborder - comme celle que le journaliste Shi Tao a mise en ligne en 2005, ce qui lui a valu dix ans de prison. Le nettoyage est fait (des phrases disparaissent des blogs ou des forums de discussion), avant même que la police de l'Internet, forte de 30 000 à 40 000 membres, n'intervienne.

Un nouveau pas vient d'être franchi le 24 août : les hébergeurs de blogs chinois, mais aussi Yahoo et Microsoft (MSN) ont signé un "pacte d'autodiscipline" à travers lequel ils s'engagent à ne pas diffuser des "messages illégaux et erronés" et à "protéger les intérêts de l'Etat et du public chinois". Ce "pacte" encourage aussi les hébergeurs à identifier les blogueurs.

Jusqu'alors, le système de censure chinois a été sérieusement mis à l'épreuve par les 162 millions d'internautes recensés et leurs 20 millions de blogs. Internet est devenu une caisse de résonance sans pareille pour la société civile. Il a amené le parti à prendre en compte une opinion publique qu'il méprisait, et nourrit une presse de plus en plus agressive.

A Xiamen, en mai, un activiste a réussi, grâce à son blog, à mobiliser la population de la ville contre le projet de construction d'une centrale pétrochimique. Après avoir échangé près d'un million de messages SMS, les habitants ont participé à l'une des plus grosses manifestations organisées dans une grande ville de Chine depuis les rassemblements de la place Tiananmen en

1989. "Les médias n'ont pas pu parler de la manifestation. Mais des internautes vont à leurs frais sur place et enregistrent les événements avec un téléphone portable ou bien une caméra, puis les diffusent sur le Net. C'est un nouveau canal pour une expression indépendante", explique Li Datong, l'ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire Bingdian, limogé en 2006 pour avoir mis en ligne un système de pénalités imaginé par les cadres du parti pour sanctionner les journalistes trop critiques.

Révélé par un reportage télévisé, l'esclavage généralisé pratiqué dans les briqueteries du Henan et du Shanxi est devenu une affaire nationale grâce à Internet, où les parents d'enfants disparus ont fait circuler des pétitions. Plus rien ne semble pouvoir arrêter l'information en Chine : le gouvernement a finalement renoncé, en mai, à obliger les auteurs de blogs à s'enregistrer au préalable sous leur véritable identité. Trop compliqué à mettre en oeuvre à une échelle pareille.

VIETNAM
Une récente vague de procès

L'usage d'Internet au Vietnam a connu une progression rapide, passant de 9 à 14 millions d'utilisateurs, soit 17 % de la population, entre 2005 et 2006. Beaucoup d'entre eux sont jeunes et se connectent dans les quelque 5 000 cybercafés du pays, ce qui facilite le contrôle par les autorités. La législation exige en effet des fournisseurs d'accès et des cybercafés qu'ils installent des logiciels de surveillance, qu'ils conservent les informations sur les utilisateurs et dénoncent ceux qui enfreignent la loi : tout contenu "qui s'oppose à l'Etat, déstabilise la sécurité du Vietnam, l'économie ou l'ordre social, incite à l'opposition" est illégal. Il existe peu de moteurs de recherche vietnamiens, ce qui limite les accès à l'étranger. Selon OpenNet Initiative, le Vietnam réglemente extensivement l'accès à Internet, à la fois dans la gestion de l'infrastructure et dans le filtrage du contenu, surtout politique et social. Le filtrage affecte aussi les sites des communautés vietnamiennes à l'étranger.

En 2006, les internautes vietnamiens ont repoussé les limites de la censure, réussissant notamment à créer trois publications dissidentes. Soucieux de se faire admettre à l'OMC, le régime communiste a laissé s'installer une relative tolérance. Un mouvement démocratique baptisé Bloc 8406, parce que né le 8 avril 2006, s'est développé sur la Toile. Mais, en juillet 2006, une loi visant à mettre au pas les journaux en ligne est entrée en vigueur. Le contrôle des cybercafés a été renforcé et, en 2007, une vague de procès s'est abattue sur les cyber-dissidents. Entre le 10 et le 15 mai, plusieurs condamnations à des peines de trois à cinq ans de prison ont été prononcées et, selon des associations de défense des droits de l'homme, neuf cyber-dissidents et journalistes sont actuellement emprisonnés.

Pourtant, malgré la répression et la censure, Internet reste crucial pour les opposants actifs comme outil de communication et de liaison avec la diaspora vietnamienne. Ceux qui ont une expertise technologique suffisamment sophistiquée parviennent à passer outre le filtrage. De manière générale, a écrit dans Times Asia le militant des droits de l'homme Nguyen Thanh Giang, "les forums de discussion ont accéléré la démarche démocratique".

TUNISIE
Sous contrôle étroit

Le gouvernement tunisien a activement encouragé l'accélération de l'accès à Internet, notamment dans les universités et les écoles. Programmes de connexion gratuite, vive concurrence entre les fournisseurs d'accès et ouverture de cybercafés ont permis à quelque 9 % de la population de se servir régulièrement d'Internet.

Cela se fait cependant sous un étroit contrôle : les fournisseurs d'accès doivent transmettre leurs listes d'abandonnés aux autorités. Les exploitants de cybercafés sont considérés comme responsables de ce que regardent et utilisent leurs clients et doivent veiller à ce que les sites visités ne "troublent pas l'ordre public". Selon OpenNet Initiative, le filtrage de l'Internet est assuré par le logiciel SmartFilter, fabriqué par une société américaine de la Silicon Valley, Secure Computing. L'Arabie saoudite, le sultanat d'Oman, les Emirats arabes unis et le Soudan utilisent aussi SmartFilter.

CUBA
Des connexions privées difficiles et rares

Totalement sous la coupe du pouvoir, la presse officielle cubaine a lancé très tôt des sites Web (ceux de Granma, Trabajadores, etc.) en plusieurs langues. En revanche, l'accès des citoyens cubains à Internet est sévèrement entravé et contrôlé à plusieurs niveaux.

Les Cubains propriétaires d'un ordinateur (3,3 ordinateurs pour 100 habitants, un des taux les plus faibles du monde), avec l'autorisation expresse des autorités, doivent en outre, depuis 1996, demander à l'unique opérateur de l'île, la société ETEC SA, une accréditation obligatoire, avec une "raison valable", pour disposer d'une ligne et d'un abonnement. Autant dire que les connexions privées sont rares. Seuls les hauts responsables politiques, les ambassades, les sociétés étrangères, les universitaires et les entreprises tournées vers l'exportation sont équipés. De manière générale, les messages échangés ne doivent pas "compromettre la sécurité d'Etat" ni contrevenir aux lois et "principes moraux" du pays.

Cuba a cependant développé, à partir de 2000, un réseau de cybercafés. Ils sont chers pour les Cubains, surveillés (ni les opposants reconnus ni les journalistes indépendants n'y ont accès), et leurs connexions sont lentes. Chaque utilisateur doit donner son nom, son prénom et son adresse. Il doit choisir ensuite entre un simple service de mails mis en place par l'Etat (1,20 euro de l'heure) et un service dit "international", qui donne accès à toute la Toile (4 euros de l'heure, soit plus d'un tiers du salaire mensuel moyen d'un Cubain).

Curieusement, d'après les récentes vérifications de RSF, tous les sites sont accessibles, y compris ceux de l'opposition cubaine à l'étranger. En revanche, certains mots-clés considérés comme potentiellement subversifs (comme "Fidel"), affichés sur un moteur de recherche, écrits sur un traitement de texte ou sur un message électronique déclenchent invariablement l'ouverture d'une fenêtre indiquant : "Ce programme fermera dans quelques secondes pour raisons liées à la sécurité de l'Etat."

Traditionnellement débrouillards, des Cubains achètent ou "empruntent" les codes de connexion de personnes autorisées à disposer d'une ligne, y compris auprès d'officiels du régime. Mais ce trafic, passible de cinq ans de prison (vingt ans pour des articles jugés "contre-révolutionnaires" et publiés sur des sites étrangers), est risqué.

De février à août 2006, Guillermo Fariñas, surnommé "El Coco", directeur de l'agence de presse indépendante Cubanacan Press, a mené une grève de la faim, entrecoupée d'hospitalisations forcées, pour demander l'accès pour tous à un "Internet libre". RSF lui a décerné son prix Cyberliberté 2006.

Sylvie Kauffmann, avec Martine Jacot et Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 29.08.07.

 

Pour Amnesty International, Internet est le nouveau front de la liberté d'expression

Pour Amnesty International, Internet est le nouveau front de la liberté d'expression
LEMONDE.FR avec AFP | 23.05.07 | 13h12 • Mis à jour le 22.01.08 | 15h55


AFP/ALFREDO ESTRELLA
La secrétaire générale de l'organisation humanitaire Amnesty International, Irene Khan, lors d'une conférence de presse à Ciudad Juarez (Mexique), le 9 août 2005.


Dans son dernier rapport annuel, publié mercredi 23 mai, Amnesty International fait d'Internet le nouveau front pour la lutte en faveur des droits de l'homme."A l'ère de la technologie, Internet représente la nouvelle frontière dans la lutte pour le droit à la dissidence", souligne Irène Khan, la secrétaire générale de l'organisation non gouvernementale, remarquant que de nombreux Etats s'évertuent à réduire au silence les "cyberdissidents".

Pour Amnesty, la censure trouve un appui parmi les entreprises de télécommunications. "Les autorités de certains pays – Arabie saoudite, Biélorussie, Chine, Egypte, Iran et Tunisie, entre autres – s'assurent la collaboration des plus grandes sociétés informatiques mondiales pour contrôler les chats, supprimer des blogs, brider les moteurs de recherche et bloquer l'accès à des sites", constate Mme Khan.

"Des gens sont emprisonnés en Chine, en Egypte, en Ouzbékistan, en Syrie et au Vietnam pour avoir publié et partagé des informations en ligne", poursuit la responsable de l'ONG, dressant un panorama mondial des atteintes aux libertés. De fait, en Chine, l'accès à plusieurs centaines de sites internationaux a été bloqué et des milliers de sites chinois ont été fermés. Amnesty cite en exemple l'intellectuelle tibétaine Woeser, dont le blog a été fermé à plusieurs reprises, pour avoir critiqué le rôle de la Chine au Tibet.


RÉPRESSION ACCRUE

Le Vietnam est particulièrement pointé du doigt pour avoir cherché à renforcer son contrôle sur Internet en adoptant une nouvelle réglementation. Les exploitants de cybercafés et les fournisseurs d'accès sont désormais chargés de surveiller les internautes et l'interdiction d'accès à certains sites s'est accru. Des signataires d'une pétition en ligne appelant à un changement politique pacifique au Vietnam ont même été harcelés et interrogés, et leurs ordinateurs ont été confisqués.

Des blogueurs ont également été arrêtés et condamnés à des peines de prison ou à la flagellation en Iran, où "l'accès à Internet est de plus en plus strictement contrôlé", s'indigne aussi l'association.

 

Des centaines de membres du PC chinois exclus pour non-respect de la politique de l'enfant unique

Des centaines de membres du PC chinois exclus pour non-respect de la politique de l'enfant unique
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 07.01.08 | 14h13 • Mis à jour le 07.01.08 | 16h07


AP
La politique de l'enfant unique a provoqué un déséquilibre entre les naissances de garçons et de filles : le ratio est actuellement de 118 garçons pour 100 filles.



Environ un demi-millier de membres du Parti communiste chinois de la province de Hubei (centre du pays) ont été exclus pour infraction à la politique de l'enfant unique, ont rapporté, lundi 7 janvier, des médias locaux. Sept élus aux Parlements national et régional ont été déchus.

La commission du planning familial avait constaté l'an dernier que, dans la province de Hubei, plus de 93 000 personnes avaient plus d'un enfant, parmi lesquelles près de 1 700 responsables ou membres du parti. "Ces dernières années, davantage de membres du Parti, de célébrités, de personnes aisées violent cette politique, ce qui a pour effet de nuire à l'équité sociale", a déclaré Yang Youwang, directeur de la commission du Hubei, à l'agence de presse Chine nouvelle.


400 MILLIONS DE NAISSANCES ÉVITÉES

Ces déclarations corroborent une étude de la commission nationale, selon laquelle une majorité des classes riches a au moins deux enfants. La Chine, qui compte aujourd'hui 1,3 milliard d'habitants, a commencé à mettre en place un système de planning familial à la fin des années 70. Quelques 400 millions de naissances ont ainsi été évitées, selon des estimations officielles.

La règle de l'enfant unique connaît toutefois des exceptions dans le cas des minorités ethniques et des familles rurales. Les paysans peuvent ainsi avoir deux enfants si le premier né est une fille.

 

2008年1月21日月曜日

L'inflation pousse Pékin à un sévère contrôle des prix

L'inflation pousse Pékin à un sévère contrôle des prix
LE MONDE | 19.01.08 | 13h37 • Mis à jour le 19.01.08 | 13h40
SHANGHAÏ (Chine) CORRESPONDANT


REUTERS/STRINGER SHANGHAI
Un vendeur de nouilles dans les rues de Xiangfan, dans la province de Hubei, le 14 janvier.


L'approche du Nouvel An chinois, période de fête où l'on ripaille des jours entiers en famille, a incité le gouvernement à prendre des mesures plus radicales pour contrer l'inflation qui touche les produits alimentaires comme l'huile de soja, la viande de porc ou de boeuf. Ces denrées coûtent respectivement 58 %, 43 % et 46 % de plus dans le courant de ce mois par rapport à janvier 2007. Selon le livre bleu sur la société, de l'Académie des sciences sociales, publié début janvier, l'inflation est devenue la première préoccupation des Chinois en 2007, devant le creusement des inégalités de revenus et la corruption.


La National Development and Reform Commission, l'agence de planification chinoise, a annoncé le retour à ce qui revient à un contrôle des prix temporaires sur un ensemble de produits (lait, huile, toutes les denrées à base de céréales, oeufs, etc.) puisqu'il impose aux gros producteurs et distributeurs de notifier les autorités locales de tutelle dans les 24 heures pour toute augmentation de plus 4 % en une seule fois, de 6 % sur dix jours ou de 10 % sur trente jours.

MULTIPLICATION DE MESURES

L'agence a aussi dressé une première liste de 12 distributeurs et producteurs chinois soumis à une surveillance particulière, puisqu'ils devront obtenir l'accord des autorités publiques concernées avant de procéder à toute hausse de prix. C'est le cas des fabricants de nouilles instantanées - dans le collimateur des autorités depuis la découverte en 2007 d'un cartel entre les producteurs - ainsi que des fabricants de produits laitiers ou d'huile de cacahouète. Si certaines denrées de base sont déjà soumises à un gel des prix agricoles depuis septembre, il s'agit cette fois de discipliner l'industrie agroalimentaire et la grande distribution de manière plus systématique.

Que l'inflation donne lieu à de la spéculation ou à des pénuries artificielles, qui en retour conduisent à de nouvelles hausses de prix, est l'une des préoccupations majeures des autorités. Depuis juillet 2007, celles-ci multiplient les mesures pour tenter de résoudre le problème : des audits ont été lancés dans toutes les industries concernées par les augmentations de prix pour débusquer des cartels, et les gouvernements locaux. Les principaux producteurs de denrées de base, comme l'huile, ont aussi été à plusieurs reprises l'objet de directives et de convocations au sommet les incitant à plus de discipline au niveau des prix.

Dans l'industrie porcine, où les ravages provoqués par l'épizootie d'oreille bleue sont accusés d'avoir déclenché les poussées inflationnistes actuelles, les éleveurs de porcs ont reçu des compensations. En parallèle aux mesures annoncées par l'Agence de planification, le Conseil d'Etat (gouvernement) a aussi annoncé mercredi 16 janvier des sanctions nouvelles ou plus sévères pour les sociétés ou les organisations d'industries responsables d'entente.

Dans l'énergie, où une augmentation de 10 % des prix avait été effectuée en novembre pour tenir compte de la hausse du prix du baril, le Conseil d'Etat a confirmé l'annonce du premier ministre Wen Jiabao début janvier de procéder désormais à un gel des prix. Or, les tensions sont grandes en raison du différentiel entre les prix imposés en Chine et les cours mondiaux de l'énergie. Le gouvernement a à plusieurs reprises sermonné les grands producteurs d'Etat. Il souhaite qu'ils augmentent leur production pour faire face aux pénuries latentes dans certaines régions. C'est le cas depuis fin 2007 dans les régions du Sud-Ouest (notamment le Yunnan) pour l'essence, ainsi que dans le Sud (Canton), pour le diesel et le charbon. Cette source d'énergie est victime de régulations environnementales plus contraignantes. Tout un secteur informe, qui palliait jusqu'à présent aux insuffisances des fournisseurs d'Etat, est menacé. Dans un éditorial récent, le China Daily s'interroge sur la pertinence de ce contrôle des prix. Le quotidien juge en effet incompatible ce mouvement, alors que les coûts environnementaux dus à la surconsommation industrielle chinoise inquiètent.

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 20.01.08.

 

Un dirigeant d'Areva retenu deux mois contre son gré à Pékin est rentré en France

Un dirigeant d'Areva retenu deux mois contre son gré à Pékin est rentré en France
LE MONDE | 18.01.08 | 14h24 • Mis à jour le 18.01.08 | 14h24



AFP/ERIC PIERMONT
L'un des principaux dirigeants du groupe nucléaire français Areva a été retenu contre son gré pendant plus de deux mois en Chine.



L
L'un des dirigeants du groupe nucléaire français Areva, Paul Felten, retenu contre son gré pendant plus de deux mois en Chine, est rentré en France jeudi 17 janvier. Selon l'Agence France-Presse, son nom aurait été cité dans une affaire de corruption visant des responsables chinois du groupe public China Guangdong Nuclear power corp (CGNPC). La direction d'Areva affirme qu'aucune charge n'a pourtant jamais pesé contre l'intéressé.


Le ministère des affaires étrangères a, pour sa part, justifié son silence en déclarant que "des contacts discrets sont toujours plus efficaces qu'une conférence de presse dans ce type d'affaire délicate". Les autorités françaises et la direction de l'entreprise ont maintenu le plus grand silence sur ce dossier, où se mêlent des enjeux commerciaux majeurs et une lutte du gouvernement chinois contre la corruption.

Paul Felten, directeur marketing du pôle réacteurs nucléaires d'Areva depuis 2003, a reçu la visite des policiers à son hôtel à Pékin, fin novembre 2007, au moment de la visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Chine. A cette occasion, Areva signait la vente de deux réacteurs de troisième génération EPR pour un montant de huit milliards d'euros. L'assignation à résidence de M. Felten dans un tel contexte aurait pu créer un incident dommageable aux relations franco-chinoises.

L'intéressé a été interrogé une première fois, début décembre, puis à plusieurs reprises au cours du mois de janvier. La direction d'Areva assure que "la justice chinoise désirait l'entendre en qualité de témoin parce que son nom apparaît sur une liste d'une société de conseil locale au coeur d'une affaire de corruption".

TENSIONS SUR LE CONTRAT EPR

Des sociétés occidentales et japonaises auraient, selon Areva, versé des fonds à cette société dans le cadre d'action de lobbying. Selon l'un des avocats français d'Areva, du cabinet Gide, les sommes sont estimées à plusieurs millions d'euros. La justice pékinoise estime, pour sa part, que cet argent aurait pu servir à corrompre des responsables chinois dans un secteur énergétique en pleine expansion. Le vice-président du CGNPC, Shen Rugang, discrètement démis de ses fonctions fin 2007, serait au coeur des accusations.

Contrairement aux déclarations du groupe français, les liens existant entre le responsable du groupe nucléaire français et M. Shen seraient beaucoup plus étroits. Les deux hommes se connaissent depuis plusieurs années.

Paul Felten, âgé de 63 ans, a débuté sa carrière au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), avant de rejoindre le fabricant de réacteurs nucléaires Framatome en 1992. Deux ans plus tard, il est nommé délégué général du groupe en Chine, jusqu'à ce qu'il rejoigne Areva en 2003.

Il a activement participé, en liaison avec M. Shen, à partir de 2004, à l'ingénierie des centrales nucléaires de Daya-Bay et de Ling Ao. Pour sa part, M. Shen appartenait à la délégation chinoise conduite par le vice-premier ministre Zeng Peiyan, venue signer, en août 2004, des contrats dans la domaine du nucléaire avec EDF et Areva.

Le sort de Paul Felten a été au centre de discussions entre l'ambassadeur de France et les autorités chinoises. Mais les considérations commerciales de l'affaire doivent être prises en compte.

Si Areva jure "que le groupe n'a craint aucun préjudice d'image", l'entreprise doit néanmoins gérer de fortes tensions dans le cadre de l'important contrat EPR signé en novembre. Ses partenaires chinois conditionnent désormais l'exécution du contrat à un engagement "irréversible" du groupe français dans un transfert de technologie de retraitement du combustible usé.

Jacques Follorou
Article paru dans l'édition du 19.01.08.

 
 

2008年1月18日金曜日

Le fleuve chinois Yangtzé subit de plein fouet la sécheresse

Le fleuve chinois Yangtzé subit de plein fouet la sécheresse
LEMONDE.FR avec Reuters | 17.01.08 | 09h01 • Mis à jour le 17.01.08 | 10h16


AP
Depuis le mois d'octobre 2007, une quarantaine de bateaux se sont échoués dans le Yangtzé, troisième plus long fleuve du monde, qui s'étend sur 6 300 km.


Le Yangtzé, le fleuve le plus long de Chine, est à son niveau le plus bas depuis cent quarante-deux ans en raison de la sécheresse, rapportent, jeudi 17 janvier, des médias officiels chinois.

Le pays le plus peuplé de la planète traverse une période de sécheresse sans précédent sur la dizaine d'années écoulée. Les nappes phréatiques et le débit des rivières ont été fortement entamés par ce phénomène, qui touche plus particulièrement le sud du pays, normalement zone humide.