2008年3月1日土曜日

Quelques mois avant les JO, le plus grand terminal aéroportuaire au monde inauguré à Pékin

Quelques mois avant les JO, le plus grand terminal aéroportuaire au monde inauguré à Pékin
LEMONDE.FR avec AFP | 29.02.08 | 16h37 • Mis à jour le 29.02.08 | 17h02


REUTERS/DAVID GRAY
Le personnel de l'aéroport de Pékin se prépare à l'inauguration du nouveau terminal géant, vendredi 29 février.


REUTERS/CHINA DAILY
Vue d'ensemble du terminal de l'aéroport de Pékin, qui servira notamment à accueillir le demi-million de visiteurs attendus pour les Jeux olympiques en août.


Cent soixante-dix stades de football. C'est l'équivalent en surface du nouveau terminal géant de l'aéroport de Pékin, inauguré vendredi 29 février, soit 98 hectares. Conçu notamment pour faire face au demi-million de touristes attendus à l'occasion des Jeux olympiques en août, il hébergera dans un premier temps cinq compagnies, puis dix-neuf autres d'ici au 25 mars.

Le terminal, long de plus de 3 km, conçu par l'architecte britannique Norman Foster, est censé rappelé par sa forme un dragon géant, symbole par excellence de la Chine. Une démesure à l'image du boom économique chinois. "Pour avoir une idée de son échelle, imaginez [cinq] terminaux de Heathrow sous le même toit, auxquels vous ajoutez 17 % de superficie au sol", explique ainsi M. Foster.

Lancée il y a quatre ans, la construction a coûté 2,7 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) et mobilisé quelque 50 000 ouvriers, dont trois sont morts dans des accidents du travail, selon les autorités. Neuf villes situées au nord-est de Pékin, comprenant plus de 10 000 habitants, ont dû être évacuées pour permettre la construction.

Le nouveau terminal permettra dans un premier temps de réguler la circulation dans un aéroport où l'explosion du trafic a entraîné retards et attentes pour les passagers. L'année dernière, ils étaient 48 millions pour une capacité de 35 millions. Désormais, l'aéroport peut accueillir 76 millions de personnes.

 

Le Japon et la Corée du Sud, bases arrière de Pékin

Le Japon et la Corée du Sud, bases arrière de Pékin
LE MONDE | 29.02.08 | 17h44 • Mis à jour le 29.02.08 | 17h44
Tokyo Correspondance


AFP/FREDERIC J. BROWN
Un nuage de pollution sur la ville de Pékin, le 9 janvier 2007. La pollution atmosphérique de la ville suscite de vives inquiétudes.


Par crainte des problèmes environnementaux, les sportifs qualifiés pour les Jeux olympiques de Pékin (8-24 août) prévoient de finaliser leur préparation loin de la capitale chinoise. Le Japon et la Corée du Sud font figure de destinations privilégiées pour plusieurs équipes.

La délégation suédoise a choisi comme base arrière Fukuoka, dans l'ouest du Japon. Les 150 athlètes y séjourneront du 22 juillet au 19 août. D'autres pays font ce choix par discipline. L'équipe hollandaise d'athlétisme sera à Fukuoka du 31 juillet au 19 août. La formation grecque d'aviron, celle de natation britannique et l'équipe américaine de canoë prévoient de venir dans l'Archipel fin juillet, début août.

A la même période, l'équipe de France de judo doit finaliser sa préparation à l'université de Tenri, près de Nara. Jean-Michel Dirringer, qui dirige le coureur de demi-fond Medhi Baala, a contacté la municipalité montagnarde d'Ontake, pour un séjour d'entraînement en altitude. Au total, une vingtaine d'équipes prévoient de passer plusieurs semaines dans l'Archipel à la veille des Jeux.

QUALITÉ DES INFRASTRUCTURES

En Corée du Sud, l'Institut coréen des sciences du sport a reçu pour mission du ministère de la culture de convaincre des équipes de venir se préparer dans le pays. Plusieurs l'ont déjà choisie, comme l'Egypte. En avril 2007, des responsables du Comité olympique américain ont visité la ville de Cheonan, où pourraient être les équipes de football et d'athlétisme.

Plusieurs raisons expliquent l'intérêt des délégations pour les voisins de la Chine. "Pékin n'est pas loin et le climat au Japon ressemble à celui de la capitale chinoise à cette période de l'année", explique Senji Ishikawa, du Comité olympique japonais. Les délégations apprécient également la qualité des infrastructures et bénéficient de contacts noués dans le passé. "Osaka a accueilli les mondiaux d'athlétisme en 2007", rappelle Yukio Seki, de la Fédération japonaise d'athlétisme. Ontake avait ainsi accueilli le groupe de Jean-Michel Dirringer.

Mais l'une des motivations principales serait la pollution atmosphérique à Pékin, qui suscite de vives inquiétudes. Le recordman du monde du marathon, Haïlé Gebreselassié, qui souffre d'allergies, et la joueuse de tennis Justine Henin, asthmatique, sont réservés quant à leur participation aux Jeux, craignant une aggravation de leurs problèmes respiratoires. L'encadrement américain envisage de n'envoyer les athlètes à Pékin que le jour de leurs épreuves. "Les Suédois ont choisi Fukuoka, et notamment la forêt de Hakata, pour la qualité de son air", admettent les autorités de cette préfecture.

Le Japon et la Corée du Sud attendent des retombées financières de l'accueil des sportifs. L'Institut coréen des sciences du sport évalue le budget total de la préparation finale des délégations à 144 millions d'euros.

Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 01.03.08.
 

Quand la France invite un dissident chinois, qualifié de "personnalité d'avenir"

Quand la France invite un dissident chinois, qualifié de "personnalité d'avenir"
LE MONDE | 29.02.08 | 16h08 • Mis à jour le 29.02.08 | 16h08

L'événement est suffisamment rare pour ne pas être relevé. Paris accueille actuellement un célèbre dissident chinois, un geste à la portée symbolique non négligeable alors que la diplomatie française avait, jusqu'à présent, témoigné sur le terrain des droits de l'homme, une certaine frilosité à l'égard de Pékin.

Hôte très officiel du Quai d'Orsay, Ren Wanding est une tête d'affiche de la dissidence chinoise. Fondateur, en 1998, du mort-né Parti démocrate chinois (PDC), il est l'un des rares opposants à avoir pris part aux deux épisodes emblématiques de la contestation postmaoïste (le "mur de la démocratie" de l'hiver 1978-1979 et le "printemps" de 1989 sur la place Tiananmen).

Cet engagement lui a valu de passer onze ans - en deux séjours - dans les geôles du régime communiste, ce qui donne aussi, la valeur de son inscription, par le Centre d'analyse et de prévision (CAP) du "Quai", au programme "Personnalités d'avenir". Un cadre dans lequel ont déjà été invitées en France des figures comme l'Iranienne Chirine Ebadi ou le Biélorusse Alexandre Milinkiewicz. Cette étape parisienne s'inscrit dans une pérégrination internationale de Ren Wanding qui, après les Etats-Unis, le conduira dans divers pays européens.

"LIGNE ROUGE"

Le dissident ne semble pas avoir eu de difficulté pour sortir de Chine. Les autorités lui ont délivré un passeport en bonne et due forme. Il est vrai que Ren Wanding avait seulement précisé à ses chaperons officiels qu'il nourrissait le projet de se rendre en Nouvelle-Zélande quand il préparait discrètement une expédition aux Etats-Unis.

Mais la politique chinoise à l'égard des dissidents a bien changé. Non seulement Pékin ne s'offusque pas de voir ses contestataires prendre le chemin de l'Occident, mais il les encourage même à s'éloigner, l'expérience ayant prouvé que l'écho de leur voix dissonante s'assourdissait dans la distance. Ren Wanding est bien plus inoffensif à New York ou à Paris qu'à Pékin, au coeur même du décor olympique, là où ses critiques du régime relayées par des micros étrangers seraient infiniment plus embarrassantes.

De plus, Ren Wanding n'est plus la "bête noire" du Parti communiste chinois (PCC). En ces temps pré-olympiques, la "ligne rouge" à ne pas franchir est très claire : l'appel au boycottage des Jeux. Quiconque le répercute est impitoyablement muselé, tel Hu Jia, récemment inculpé à Pékin pour "incitation à la subversion du pouvoir d'Etat". Or Ren Wanding n'approuve pas le mot d'ordre. Le sien est plus nuancé : "Oui aux Jeux, non au PCC", a-t-il indiqué au Monde.

"J'admets que c'est contradictoire, car les Jeux vont servir le PCC, explique-t-il. Mais le peuple chinois est favorable aux Jeux, il en est fier. Alors, notre rôle consiste à rappeler qu'il ne faut pas oublier que ce système est une dictature."

Cet été olympique ne sera donc qu'un répit, avertit Ren Wanding. Selon lui, le PCC peut marquer des points à court terme, il sera rattrapé à moyen terme par les contradictions libérées par sa réforme économique. "Le régime a l'air très fort, mais c'est une impression superficielle, met-il en garde. Il est miné par la corruption de ses fonctionnaires." D'où l'incurable optimisme du dissident : "Dans dix ans, la Chine sera démocratique", assure-t-il. Et il conclut : "C'est sûr." S'il dit vrai, Ren Wanding est assurément une "personnalité d'avenir" à ménager.

Frédéric Bobin
Article paru dans l'édition du 01.03.08.

 

Le réveil des exploités de Shenzhen

Le réveil des exploités de Shenzhen
LE MONDE | 09.01.08 | 14h56 • Mis à jour le 29.02.08 | 16h05
SHENZHEN ENVOYÉ SPÉCIAL


AFP/PETER PARKS
Des ouvrières dans une usine de jouets dans la ville de Shenzhen (Chine) en octobre 2002.


Sur son lit d'hôpital, la jambe pansée qui chauffe sous une lampe, Huang Qingnan raconte l'attaque dont il a été victime le 20 novembre 2007. "J'ai senti une douleur à la jambe et j'ai vu un type qui tenait quelque chose dans un journal. Puis je me suis écroulé." Deux attaquants lui avaient tailladé la jambe avec un couteau alors qu'il discutait dans une ruelle adjacente au local de Dagongzhe, la petite organisation qu'il anime dans l'arrondissement de Longgang, à Shenzhen. La blessure est grave, infectée, au point que les médecins se demandent si ses agresseurs n'ont pas pris soin de salir les lames avant l'attaque.

Avec ses immeubles bas, ses rues poussiéreuses, ses échoppes et ses milliers de petites usines, Longgang est l'une des arrière-cours de Shenzhen. Dagongzhe, dont le rideau en métal vert est baissé depuis l'incident, accueille des travailleurs migrants et les informe sur leurs droits. Le jour de notre visite, un ouvrier du bâtiment est là, le pouce boursouflé, qui vient demander conseil.

C'est un autre incident, terrible, qui décida de l'engagement de Huang Qingnan au service de ces paysans venus des quatre coins de Chine pour faire tourner l'"atelier du monde" : en 1999, il se réveille une nuit en hurlant dans le dortoir de l'usine où il travaille comme contremaître. Son nez et ses paupières fondent. On a versé sur son visage de l'acide qui le défigurera à vie. Il a toujours soupçonné l'un de ses supérieurs, furieux qu'il prenne le parti des ouvriers lors d'une dispute. Il fit un procès qui ne mena à rien, si ce n'est la prise en charge de ses frais hospitaliers. Des ONG de Hongkong l'aidèrent à monter une petite clinique. "On s'est aperçu que les gens avaient moins besoin de soins médicaux que d'informations sur leurs droits, et Dagongzhe est né", dit-il.

Or l'entrée en vigueur, le 1er janvier, d'une loi sur le contrat de travail, qui oblige, notamment, un employeur à accorder un CDI à ses employés depuis plus de dix ans, a exacerbé les tensions à Shenzhen. "Depuis octobre, on a vu de plus en plus de gens venir en groupe. Dans un cas, 90 personnes se sont mises en grève dans une entreprise qui en comptait 100. Les ouvriers ont nos brochures. Ils s'en servent quand des employeurs cherchent à profiter d'eux. J'ai senti que tout ça avait plus d'impact", dit-il. Ses soupçons se portent sur l'une des entreprises dont il a conseillé les employés. A deux reprises, au cours des semaines précédant l'attaque, des inconnus avaient saccagé le local de Dagongzhe.

Zone pilote pour l'introduction de l'économie de marché dans les années 1980, Shenzhen est désormais à la pointe des conflits sociaux tant les tensions accumulées sont explosives : les salaires y sont les plus élevés de Chine mais les conditions de travail très rudes. "D'après nos sondages, 40 % des ouvriers n'ont pas de jour de congé hebdomadaire", estime Liu Kaiming, qui dirige l'Institute of Contemporary Observation (ICO). Celui-ci forme des travailleurs migrants, installe des numéros verts et publie des études sur les conditions de travail, dans le cadre, entre autres, d'audits sociaux commandés par des multinationales. "Il y a une forte pénurie de travailleurs à bas salaires. Ceux-ci ont gagné en pouvoir de négociation et ils s'en rendent compte. Pour les travailleurs migrants, leur usine ne représente rien. Ils n'ont rien, ni droit de résidence ni droit de propriété. Ils ne comptent pas comme citoyens", poursuit-il.

Dagongzhe ou l'ICO font partie de toute une industrie plus ou moins informelle de "l'intermédiation", bénévole ou pas, qui a prospéré dans le vide créé par l'absence de contrepoids aux abus perpétrés par les employeurs : l'All China Confederation of Trade Union (ACFTU), la centrale syndicale officielle, est absente des entreprises privées et il n'existe pas de cadre pour la tenue de négociations collectives en Chine.

"Vous avez une centaine d'organisations de défense des droits du travail en Chine, mais la moitié sont dans la province du Guangdong et à Shenzhen. Il y en a très peu dans le détroit du Yangze, à Shanghaï", explique Liu Kaiming, qui, fort de son expertise, prévoit d'ouvrir des bureaux à Shanghaï et Xiamen.

C'est aussi à Shenzhen qu'on trouve des cabinets d'avocats spécialistes des droits sociaux comme celui de Zhou Litai, expert en accidents du travail, qui a dû poursuivre en justice des clients qui avaient gagné leur procès mais omis de régler ses honoraires.

Parce qu'ils sont loin de pouvoir se payer les services d'un professionnel, certains migrants font appel à des gongmin daili, des "conseillers des citoyens". On en compterait près de 2 000 à Shenzhen et dans sa région.

Nombre d'entre eux sont d'anciens ouvriers : venu du Jiangxi, Li Jinxin, 29 ans, travaillait dans une usine de Shenzhen quand il a découvert Dagongzhe. "J'allais lire dans leur centre. Je me suis dit que je pouvais les aider. J'ai commencé à assister les gens dans leurs démarches", dit-il. Depuis un an, il a ouvert un bureau de gongmin daili, auquel Huang Qingnan devait également s'associer.

Un autre partenaire, Duan Haiyu, 29 ans aussi, est diplômé en droit et assistant dans un cabinet d'avocats. Après l'université, il a trouvé un emploi dans une agence de recrutement qui faisait venir des paysans de la campagne. "Je me suis aperçu que l'agence prenait une commission sur le salaire des paysans sans le leur dire. J'en ai parlé, et je me suis fait licencier", explique-t-il. Il a cherché à s'impliquer dans une association qui aide les migrants, puis s'est mis à son compte comme gongmin daili. M. Li, qui débute, prend de 30 à 50 euros par cas, son partenaire, plusieurs centaines et 10 % de la compensation accordée au plaignant.

Tous deux ont été menacés à plusieurs reprises. "Avec la nouvelle loi, les employeurs se disent que leurs coûts peuvent augmenter, alors ils essaient de faire signer de nouveaux contrats. Ils nous accusent de donner des idées à leurs employés", dit Li Jinxin, qui a été kidnappé en octobre 2007, juste avant l'incident qui a mutilé Huang Qingnan. "Un type a appelé en disant qu'il cherchait le bureau. Je suis descendu, ils m'ont mis dans un minibus. Ils étaient six", raconte-t-il. Au bout d'une demi-heure, ses ravisseurs l'ont mis à terre et battu. Résultat : une jambe et un bras cassés.

La police soupçonnerait l'un des patrons d'usine d'être derrière l'attaque. Li Jinxin est plus circonspect. Les gongmin daili gênent un système où tout est fait pour neutraliser les revendications des employés : "Un ouvrier qui a un problème doit aller au comité de quartier. On sait que le personnel est formé pour les décourager d'engager des procédures", dit-il. L'administration locale est au service des résidents originels des villages qui ont formé Shenzhen : ils sont 10 % de la population, mais reçoivent, comme des actionnaires, un revenu des entreprises qui y sont implantées.

Récemment, les gongmin daili ont trouvé une liste noire de "travailleurs à ne pas employer" dont ils savent qu'elle a été établie par le bureau du travail de Longgang, censé favoriser l'emploi.

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 10.01.08.

 

Peine de mort: la Chine veut généraliser l'injection létale

Peine de mort: la Chine veut généraliser l'injection létale
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 03.01.08 | 09h52 • Mis à jour le 29.02.08 | 16h05


AFP/STR
Le gouvernement chinois va créer trois nouvelles cours de justice pour évaluer les verdicts de peine de mort.


a Chine souhaite généraliser l'usage de l'injection mortelle pour les peines capitales au détriment de l'exécution par balle."C'est considéré comme plus humain et cela devrait être utilisé dans toutes les juridictions intermédiaires", où se passent la plupart des exécutions, a déclaré au China Daily le vice-président de la Cour suprême, Jiang Xingchang. La pratique de l'injection létale est possible en Chine depuis 1997 et selon M. Xingchang la moitié des 404 tribunaux intermédiaires y ont déjà recours.

La Chine est le premier pays au monde pour le nombre d'exécutions. Le pays ne fournit pas de statistiques à ce sujet, mais selon Amnesty International au moins 1 010 personnes ont été soumises à la peine capitale en 2006. l'ONG Human Rights Watch parle même de 10 000 personnes exécutées chaque année.

Après plusieurs erreurs judiciaires qui ont fait grand bruit dans l'opinion, la Chine réforme lentement le système de la peine capitale. Depuis l'an dernier, c'est de nouveau à la Cour suprême que revient le feu vert définitif à une exécution, rôle qui avait été confié aux cours provinciales lors d'une vaste campagne contre la criminalité dans les années 1980.

Soulignant que le recours de moins en moins fréquent à la peine capitale est une tendance mondiale, Xiao Yang, président de la Cour suprême, estime, dans le China Daily que "la Chine se dirige également dans cette direction". Il estime cependant prématuré de parler d'abolition à court terme. "Nous ne pouvons parler de manière abstraite d'abolir ou de contrôler l'usage de la peine de mort sans prendre en compte les réalités du terrain et les conditions de sécurité sociale", conclut le juge.

La peine capitale s'applique en Chine pour une douzaine de crimes, y compris la corruption ou la fraude fiscale.

 

Les internautes chinois plébiscitent les sites de grandes marques

Les internautes chinois plébiscitent les sites de grandes marques
LE MONDE | 28.02.08 | 16h23 • Mis à jour le 28.02.08 | 16h35


D.R.
icoke.cn, le site de Coca-Cola en Chine.


Comment entrer en contact avec le consommateur chinois ? De nombreuses marques se posent cette question et la réponse prend souvent la forme d'un casse-tête... chinois. D'où l'idée de s'adresser aux internautes, une population qui ne cesse de croître.

Selon les chiffres communiqués par Pékin, 210 millions de Chinois étaient, en décembre 2007, des adeptes du Web. Seuls les Etats-Unis, avec 215 millions d'internautes revendiqués, gardent une longueur d'avance, mais la Chine compte bien les dépasser en 2008.

Ces chiffres méritent d'être relativisés. Le taux de pénétration d'Internet en Chine ne dépasse pas les 16 %, un score encore modeste. Il n'empêche. Pour entrer en contact avec les jeunes Chinois, mieux connaître leurs attentes, voire les fidéliser, créer un site de marque peut s'avérer payant.

Le site icoke est un des exemples les plus frappants. "Au départ, en 2005, la volonté de Coca-Cola était de réduire les coûts promotionnels, qui ne cessaient de croître en Chine. Aujourd'hui, nous avons 35 millions d'utilisateurs enregistrés sur icoke", explique Jean Lin, directrice générale de wwwins, une société de marketing numérique rachetée par le groupe britannique Aegis, à l'origine de ce projet.

Pour grossir très vite les rangs de cette communauté, un accord a d'abord été signé avec le service de messagerie en ligne QQ, édité par Tencent. Cette société, une des stars de l'Internet chinois, se présente comme le leader de la messagerie instantanée en ligne avec 280 millions de comptes actifs, loin devant MSN. Tous les internautes qui acceptaient de s'enregistrer sur icoke pouvaient créer leur avatar 3D en ligne et le faire évoluer. D'autres opérations ont été depuis organisées, comme des jeux concours avec des numéros gagnants inscrits sur les cannettes de soda.

"Les consommateurs chinois sont bien plus réceptifs que les autres, si le contenu d'un site les intéresse ou les divertit, ils sont prêts à jouer le jeu. En Europe, le sujet de l'intrusion est plus sensible", souligne Jean Lin.

"Depuis deux ans, nous enregistrons les données des internautes qui cliquent sur nos sites : adresses IP, informations récupérées par les cookies. Nous analysons les comportements en ligne", précise une responsable marketing de Tencent. Cette société propose maintenant aux marques des campagnes ciblées.

La perspective des Jeux olympiques devrait doper encore cet attrait pour le Web. "L'inflation du coût des médias est terrifiante, c'est pourquoi le numérique va continuer à croître", note Jean Lin.

Ainsi, Carrefour, qui juge la publicité télévisée trop chère en Chine, développe sa présence sur le Net. "Nous avons 35 000 clients enregistrés à Shanghaï et près d'1 million en Chine, à qui nous envoyons nos offres promotionnelles", explique Jean-Philippe Soulet, patron de Carrefour Gubei, l'hypermarché qui se targue du plus gros chiffre d'affaires d'Asie.

D'autres marques profitent quant à elles des Jeux olympiques pour fédérer des communautés d'internautes. Ainsi, Reebok a mis en ligne un site de soutien au basketteur de la NBA Yao Ming, un des sportifs les plus populaires en Chine. McDonald's a pour sa part déjà réuni en moins d'un mois 1,2 million de Chinois prêts à souscrire au mot d'ordre de son site pour le moins opportuniste : "Je veux juste que la Chine gagne."

Laurence Girard
Article paru dans l'édition du 29.02.08.


 

La Chine ébranlée par un scandale sexuel sur Internet

La Chine ébranlée par un scandale sexuel sur Internet
LEMONDE.FR | 14.02.08 | 11h03 • Mis à jour le 14.02.08 | 12h18


REUTERS/STRINGER/CHINA
Page d'accueil du moteur de recherche Google en Chine (photo prise le 25 janvier 2006 à Pékin).


Alors que la Chine a lancé, mardi 12 février, une nouvelle grande campagne de répression contre les cybercafés sans licence et la pornographie en ligne, le plus grand scandale sexuel de l'histoire du Web chinois vient d'éclater à Hongkong, illustrant l'ampleur de la tâche qui attend Pékin dans sa volonté de contrôler Internet.

Pendant que Pékin s'évertue à traquer toutes les informations échappant à la censure d'Etat qui circulent sur la Toile, les journaux hongkongais font leur "une" depuis le début du mois sur un scandale retentissant mêlant sexe, people, Internet et monde des affaires, rapporte le Guardian. Les autorités de l'île sont en ébullition pour tenter de freiner la propagation de près d'un millier de photos compromettantes d'un des plus célèbres acteurs hongkongais, Edison Chen, photographié dans l'intimité avec huit des plus grandes actrices, chanteuses et femmes d'affaires du territoire.210 MILLIONS D'INTERNAUTES CHINOIS

Les images ont été copiées illégalement par l'employé d'un magasin d'ordinateurs où l'acteur avait déposé le sien pour réparation. Avec la complicité de quelques amis, il n'a pas tardé à les diffuser sur la Toile, provoquant une tempête médiatique à même d'éclipser, estime le Guardian, "la fixation sur Britney Spears dans le Web anglophone".

Une dizaine de personnes ont été arrêtées ces deux dernières semaines. Cette réaction n'a cependant pas mis fin aux échanges, et n'a pas empêché les Chinois du continent de se passionner à leur tour pour l'affaire. Une discussion sur le sujet hébergée par un site de Chine continentale a ainsi généré pas moins de vingt-cinq millions de pages visitées et cent quarante mille commentaires.

Avec 210 millions de personnes, la population en ligne chinoise est en passe de dépasser celle des Etats-Unis (215 millions de personnes) pour devenir la plus importante du monde. Le nombre de personnes ayant accès à Internet augmente en Chine de 6 millions chaque mois, dix fois plus vite qu'aux Etats-Unis, rapporte par ailleurs le quotidien britannique.